Direction le sud-est asiatique au large de la Corée, nous partons pour le Japon. L’île et son archipel, mystérieuse et mystique, lointaine et isolée, longtemps coupée du monde, fermée à l’étranger et au touriste, comme enclavée dans ses murs d’eau, sa culture, et ses croyances ; le Japon nous étonne et nous attire. Un pays aussi surpeuplé que patriotique où l’étranger attise la curiosité ; un peuple à la culture uniforme où la politesse, le respect et la discipline s’entremêlent. Le peuple nippon serait-il le plus poli et le plus altruiste de la planète, pourquoi ce fonctionnement, et quelle en est l’origine ? Nous avons interviewé Camille, une jeune française professeur de ski qui se rend chaque hiver au Japon depuis 8 ans. Nous vous exposons son retour d'expérience.

Comprendre la culture japonaise

Le Japon, fermé au tourisme et à l’étranger jusqu’en 1945 fût ainsi enfermé dans sa propre culture, dans ses propres croyances. Encore aujourd’hui fermé à l’immigration, les seuls 2% d’immigrés présents sur le territoire sont des Asiatiques. Les Nippons ne connaissent alors que les Nippons ; le Japon semblerait être - du moins aux yeux des anciens - le seul pays au monde digne d’être habité. Pourquoi ce pays est-il donc si verrouillé ? Certainement pour préserver leur code moral et l’image du pays. C’est seulement depuis soixante dix ans que les frontières nipponnes se sont ouvertes pour laisser entrer le tourisme. L’étranger vient, un peu comme une boule dans un jeu de quilles, bousculer leurs codes et leur conformisme. Les japonais, à l’image des escargots se cachant dans leurs coquilles, se replient pour préserver leur image et surtout éviter le conflit. Les Japonais ne contredisent pas leurs interlocuteurs pour ne pas les contrarier ni leur porter ombrage. Un manque d’authenticité diront certains ? Non, car la discrétion et le retrait font partie intégrante de leur culture. D’après Camille, ils ont un niveau d’accueil extraordinaire. Nous verrons cela plus bas.

La religion nipponne, un courant basé sur l’obéissance

Il règne au Japon l’influence encore bien prononcée du confucianisme, arrivé de Chine au VIè siècle, dans lequel les dogmes du respect et de l’obéissance sont encore bien ancrés dans les moeurs. Sous cette influence, la femme est inférieure à l’homme, elle lui doit soumission et obéissance ; le mariage est autant archaïque que le divorce est mal perçu. Très présents également, le shintoïsme et le bouddhisme, religions marquées par le respect envers la vie, qu’elle provienne de la nature elle-même ou de l’être humain. Religions basées sur l’humilité, la modestie et la dignité, les Japonais font passer le bien d’autrui avant le leur, notamment dans le cadre familial ou pour préserver le bien-être de leur pays. On retrouve cette empreinte dans leur mode de communication, dans leur langage et dans leur expression corporelle.

L’importance de l’éducation au Japon

Au Japon, l’éducation des enfants commence dès la plus tendre enfance, à la maison comme à l’école. On inculque à l’enfant des règles structurées de savoir-vivre, dont les bases sont l’obéissance et la responsabilisation. A la maison, les parents sont très proches de leur progéniture, la maman a droit à neuf mois de congés maternité ; elle dort avec son enfant et doit mettre de côté sa vie de femme pour favoriser l’éducation de son enfant. A l’école, l’enfant Nippon n’est pas roi. Il doit - entre autres - à l’image du respect de son pays et de ses aînés, nettoyer chaque jour la salle de classe. Il doit impérativement respecter les bonnes manières qui lui sont imposées ; ancrées dans les moeurs et coutumes depuis des millénaires, et transmises de génération en génération. Le Japonais est serviable et ne fait jamais état des services qu’il rend. La dignité, la honte et le jugement font aussi partie intégrante de l’éducation. Au Japon, l’échec n’est pas envisageable, l’enfant doit obéir et respecter les règles, il doit être intelligent et instruit pour ne pas être la risée de sa famille et de ses camarades et subir l’exclusion dans son groupe. D’ailleurs, une forte majorité des enfants Nippons arrivent à des études supérieures, voire très poussées. Ils sont très travailleurs, et ainsi les  disparités sociales et jalousies sont quasi inexistantes. Egalement, même si le peuple est plié sous l’obéissance, d’après Camille, les Japonais ne semblent pas s’en plaindre, ou du moins ils n’en font pas état, leur culture est ainsi faite.

Des règles nécessaires dans un pays surpeuplé

Les Nippons le savent, leur île manque de terre et de place, et la nature y est capricieuse. De plus, le Japon est surpeuplé, surtout dans la capitale : Tokyo, avec pas moins de trente cinq millions d'habitants ; la plus grande métropole au monde. Une affluence qui tournerait vite en énorme cohue si ses habitants n’étaient pas disciplinés. Pour commencer, à Tokyo le silence et la discipline sont de rigueur. Chacun prend sur lui pour ne pas faire de bruit, ne pas se faire remarquer, on se fait tout petit, on ne téléphone pas dans la rue, on ne crie pas, on ne court pas, on ne bouscule pas, on ne fume pas, on ne jette rien par terre ; la propreté dans les lieux publics est criante. L’entrée dans les trains et des tramways est elle aussi réglementée : on doit attendre son tour pour monter. Des files d’attente se créent devant les rames, et quiconque essaie de passer outre se fera huer (mais en silence). Bien entendu, on ne boit pas, et on ne mange pas dans les trains ; les personnes malades portent un masque dans l’unique but de préserver la santé de ses compatriotes. Tout ce respect a pour objectif de ne pas occasionner de gêne à autrui, et de ne pas rendre la capitale insupportable.

Le Japon, un peuple modèle ?

Il semblerait, après lecture d’expériences de certains voyageurs, que la grande majorité des Japonais considère que le Japon est le seul pays au monde où il fait bon vivre ; pour rien au monde ils envisagent de vivre ailleurs sur la planète. Pour eux, leur pays est un modèle planétaire, un pays éduqué et intelligent au niveau social élevé. Le simple fait de laisser entrer des étrangers sur leur territoir pourrait nuire à cette image. Peut-on alors parler de xénophobie ou de racisme ? Le Japonais porte-t-il en lui une fierté démesurée ? Non, d’après Camille certains Japonais, notamment chez les adolescents et les jeunes adultes, nombreux sont ceux qui rêvent de liberté, de partir voir le monde et de quitter leur modèle qu’ils considèrent comme trop autoritaire. Une rébellion s’installerait peu à peu chez les jeunes Nippons. Ceci dit, en règle générale, les Japonais sont curieux des étrangers qui viennent sur leur terre ; ils sont avides d’apprendre leur culture, très festifs, ils aiment s’amuser et passer du bon temps avec eux.

Comment les Nippons perçoivent-ils les Français sur leur territoire ?

Toujours d’après Camille, notre baroudeuse, les Japonais ont le sens de l’accueil et sont  très respectueux. L’étranger, et notamment le Français, est chouchouté et il ne souffre pas de la disparité des cultures. Entre hospitalité et générosité, le Japonais veille sur ses hôtes. Il n’est pas rare, toujours d’après Camille, qu’un étranger cherchant son chemin, carte ouverte devant lui, se voit abordé par un autochtone, se proposant joyeusement de lui montrer son chemin. Alors oui, un “gaijin” (le Français en nippon) restera toujours un étranger, mais les locaux ont tout sauf de l’ignorance envers l’étranger. Dans certaines villes, moins fréquentées que la capitale, le blanc - pour peu qu’il ait en plus les yeux bleus - peut aussi surprendre, et c’est ainsi que l’on peut avoir le sentiment d’être ignoré (on évite votre regard), ou au contraire de sortir du musée des horreurs. Ceci dit, Camille ne s’est jamais sentie autant en sécurité qu’au Japon, les Nippons auraient également un niveau d'honnêteté comme nulle part ailleurs.

Alors, convaincus ? Il ne vous reste plus qu’à boucler vos valises !

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